Borest, entre préservation et nouveaux projets : comment notre village se façonne au quotidien

Les politiques d’aménagement et de développement conduites à Borest évoluent pour répondre à des défis multiples, dans un contexte rural singulier. Entre respect du patrimoine architectural, verdissement de l’espace public, gestion de la mobilité et ouverture sur les dynamiques intercommunales, le village cherche à trouver un équilibre. Borest adapte son urbanisme à la fois pour accueillir de nouveaux habitants, soutenir la vie de village, encourager la participation citoyenne, et préserver son identité. Les décisions portent essentiellement sur :
  • La protection des paysages villageois et du patrimoine bâti
  • La gestion des nouveaux projets immobiliers et des extensions
  • L’amélioration des déplacements quotidiens et des cheminements doux
  • L’attention aux enjeux environnementaux, du bocage aux zones naturelles
  • Les initiatives collectives pour maintenir une vie locale animée et solidaire
Au fil des années, la trajectoire de Borest se dessine : attentive à l’histoire, en recherche de modernité, vigilant quant à son rythme propre, le village façonne son développement dans un esprit partagé.

Un cadre singulier à préserver : entre bocage, patrimoine et identité rurale

La première tendance forte, à Borest, tient à la préservation du paysage villageois. C’est un point d’ancrage, un repère. Nous vivons entourés de bois, de haies, de chemins creux. Les maisons anciennes bordent la rue principale, les portails fleuris cachent souvent des jardins derrière leurs murs de pierre. Les dernières orientations en matière d’urbanisme visent à conserver cet équilibre, qui fait le charme du village (voir le site de la Préfecture de Seine-et-Marne pour une approche régionale des mutations rurales).

La création de la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) a renforcé cette volonté : toute modification de façade, tout projet d’extension ou de nouvelle construction est examiné pour préserver la cohérence architecturale et l’esprit des lieux. À chaque autorisation, il s’agit de veiller à l’harmonie des formes, des matériaux, du végétal. Beaucoup d’habitants y voient une contrainte, mais la majorité reconnaît que c’est ce qui garde au village son caractère unique.

Réhabilitation et occupation du bâti

L’autre tendance, de plus en plus visible, concerne la réhabilitation des maisons anciennes. Les aides à la rénovation énergétique, proposées par l’ANAH (Agence nationale de l’habitat), sont sollicitées afin de donner une seconde vie aux vieux murs. On retrouve aujourd’hui à Borest des chantiers mêlant artisans locaux, savoir-faire traditionnel et matériaux plus performants. Ici, la modernisation ne vise pas à uniformiser mais à adapter le patrimoine aux usages contemporains, tout en maîtrisant la consommation d’énergie (source : anah.fr).

Entre héritage et évolution : la gestion des nouvelles constructions

Depuis quelques années, Borest n’échappe pas à l’arrivée de nouveaux habitants. La pression foncière y reste plus faible qu'autour de Senlis ou Chantilly, mais elle existe. De petits lotissements voient le jour en périphérie du village, à proximité des infrastructures. Un équilibre délicat s’installe : permettre l’accueil sans céder à la banalisation pavillonnaire.

  • Urbanisme “à taille humaine” : Les permis de construire sont délivrés au compte-goutte. Chaque projet neuf, qu’il s’agisse d’une maison individuelle ou de petits collectifs, doit respecter la volumétrie globale du bâti existant et privilégier les clôtures basses, la continuité des alignements, la présence végétale.
  • Densification douce : On encourage la division des très grandes propriétés, parfois peu entretenues, plutôt que l’étalement. Cette densification permet de maintenir un tissu de voisinage et d’éviter d’étirer les réseaux (eau, voirie). Mais cela pose aussi la question de la mixité des populations : familles, retraités, nouveaux arrivants trouvent-ils leur place sur un marché limité ?

Les tensions sur l’accès au logement abordable sont cependant réelles. Les acteurs intercommunaux (Communauté de communes du Pays de Valois) commencent à travailler sur une offre locative adaptée, notamment pour les jeunes adultes du territoire ou les personnes seules (voir les orientations du Pays de Valois). Mais ici, le logement social se heurte parfois à des réserves, les Borésiens étant attachés à l’image d’un village paisible et peu dense.

Se déplacer à Borest : enjeux de mobilité et de cheminements doux

La vie quotidienne à Borest est rythmée par la voiture, mais la réflexion sur la mobilité évolue. Les dernières années ont vu naître une série d’initiatives autour des déplacements :

  • Création ou réhabilitation des trottoirs, souvent étroits, pour sécuriser piétons et écoliers
  • Mise en valeur du petit patrimoine de voirie (bornes, croix, murs de lavoirs le long des routes)
  • Développement d’itinéraires cyclables vers les villages voisins et la forêt d’Ermenonville, en lien avec le Parc naturel régional Oise-Pays de France
  • Expérimentation d’arrêts de bus ou de covoiturage impulsés par le territoire

La voiture reste indispensable, notamment pour rallier les gares ou le collège. Mais la priorité est de favorises les mobilités alternatives et intergénérationnelles, en particulier pour sécuriser les abords de l’école ou pour faciliter la balade quotidienne des seniors. Les dernières consultations publiques ont d’ailleurs fait remonter le besoin d’un cheminement continu, ombragé, entre Borest et ses hameaux.

Nature, environnement et rythmes agricoles : une prise en compte renouvelée

Préserver le caractère rural et la biodiversité est désormais un point central. Dans la plaine alentour, les grandes cultures dominent. Mais plusieurs parcelles agricoles, en lisière du bourg, sont concernées par des contrats “nature” avec le Parc naturel régional Oise-Pays de France. Des agriculteurs locaux s’engagent, en concertation avec la commune, à maintenir des bandes enherbées, à préserver la faune des haies, à limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. C’est un travail long, parfois discret, mais qui assure le maintien du paysage tel que nous le connaissons.

  • Espaces naturels : La gestion différenciée (fauchage tardif, zones d’herbes hautes, plantations d’arbustes indigènes) s’impose petit à petit à l’orée du village, notamment sur les parcelles communales ou autour du terrain de sport. Un projet de “verger pédagogique” porté par les associations locales a vu le jour pour sensibiliser les enfants au rythme des saisons.
  • L’eau, enjeu partagé : Les épisodes de sècheresse et les pluies intenses interrogent la gestion des fossés, mares et des ruissellements. La rénovation des réseaux d’eaux pluviales fait l’objet de travaux réguliers pour limiter l’érosion et protéger la voie vers la non alourdie (source : bulletin municipal, 2023).

Participation locale et dynamique collective

À Borest, l’aménagement n’est pas seulement une affaire technique. Il s’incarne dans les choix collectifs, dans la possibilité pour les habitants d’exprimer leur voix lors des réunions publiques, des ateliers de quartiers ou des marches exploratoires organisées autour des projets futurs.

  • Rencontres citoyennes sur la place du village pour réfléchir à l’avenir de l’ancienne école
  • Ateliers de cartographie participative des sentiers et chemins ruraux, souvent animés par les associations de randonnée
  • Groupes de travail sur la revitalisation des petites places, l’implantation de mobilier ou l’aménagement de nouveaux espaces de jeu

Ce qui ressort le plus, c’est le souci partagé de ne pas voir “un village-musée”, mais une commune évolutive, ouverte, et pourtant respectueuse de ses racines. La plupart des initiatives se veulent fédératrices : concilier l’arrivée de nouveaux habitants, encourager l’engagement des plus jeunes, préparer l’avenir du centre-bourg sans le dénaturer.

Quelle trajectoire pour Borest ?

Borest n’est ni une banlieue, ni un village figé. Sa trajectoire s’inscrit dans l’ensemble du Pays de Valois, mais se distingue par une volonté de sobriété, d’adaptation pragmatique et de mobilité maîtrisée. Les politiques d’aménagement sont donc faites de compromis, parfois visibles uniquement dans le quotidien : une haie plantée au bon endroit, un chemin rendu au piéton, une façade rénovée sans ostentation.

Ce rythme propre, cette façon de choisir ensemble les évolutions plutôt que de les subir, pourrait bien rester la marque de Borest pour les années à venir. Au centre, toujours, la conversation entre le paysages, l’histoire et celle ou celui qui, pour un jour ou pour une vie, s’y sent chez soi.